La croisière d’expédition Stella Australis

Une croisière? Non merci, j’ai le mal de mer et l’ambiance love-boat très peu pour moi !

 

Une croisière d’expédition de 4 jours et 3 nuits, au bout du monde, pour ressentir les frissons des explorateurs. Mouais, pourquoi pas…

 

Une croisière ouverte au public pour financer les recherches scientifiques sur la Patagonie (biologie animale, botanique, environnement, géologie, ethnologie). Des membres d’équipage quasiment tous Chercheurs, qui vont faire leurs mesures et prélever leurs échantillons pendant qu’on fait nos expéditions ‘touristiques’ ? Ah ça m’intéresse…

 

Pas de télé, ni wifi, jacuzzi ou court de tennis ? Banco ! Je fais ma valise !

 

Nous voilà partis sur le Stella Australis pour quatre jours pendant lesquels on ne se soucie de rien, sinon de la beauté de ce qui nous entoure.

 

Voici le récit de notre folle aventure d’Ushuaia en Argentine à Punta Arenas au Chili : Ushuaia / Cap Horn / Baie Wulaia / Seno Agostini / Glacier Aguila / Île Magdalena / Punta Arenas.

 

 

Jour 1

En fin de matinée, nous déposons nos bagages au comptoir Australis au centre-ville d’Ushuaia et remplissons les formalités d’enregistrement.

 

A 17h direction le port d’Ushuaia et embarquement à bord du Stella Australis. Le navire construit en 2010 dispose de 100 cabines et accueille au maximum 210 passagers.

 

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Diana nous accueille à bord en français et prend nos passeports, l’équipage se chargera pour nous des formalités de police à l’entrée des eaux chiliennes et nous les restituera à la fin de la croisière. Elle nous conduit ensuite à notre cabine où nos valises nous attendent. La cabine est spacieuse (16.5 m²) avec une immense baie vitrée qui fait quasiment toute la largeur de la cabine.

 

Un carnet de voyage nous attend, avec une carte de navigation et une gourde pour nos expéditions. La fontaine d’eau potable filtrée est dans le couloir juste à côté de notre cabine.

 

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Diana vérifie que les deux gilets de sauvetage de notre cabine sont à notre taille, ce sont les nôtres pour toute la durée de la croisière, et nous devrons les mettre à chaque expédition. Elle nous invite à rejoindre le pont supérieur pour un verre de bienvenue.

 

Le Capitaine Adolfo Navarro, les officiers et l’équipage nous accueillent et nous donnent les consignes de sécurité. Le Stella Australis quitte le port d’Ushuaia, nous laissant profiter d’une très belle vue sur la ville. Nous descendons ensuite au pont inférieur pour le diner.

 

Par chance, nous avons de super voisins de table ! Un couple de Suisses francophones avec lesquels nous avons adoré discuter à chaque repas tout au long de la croisière. Le service est attentionné et rapide. Les repas sont copieux, soupe, entrée, plat et buffet de desserts. A chaque repas nous aurons le choix entre deux plats chauds.

 

Quelques heures plus tard, le bateau s’arrête au large de Puerto Navarino, à la frontière entre les eaux argentines et chiliennes. Des officiers de la police chilienne montent à bord du Stella Australis pour vérifier et tamponner les passeports de chaque passager. Nous ne nous soucions de rien, toutes les formalités sont faites par l’équipage à la réception.

 

Pendant ce temps, nous profitons du bar sur le pont supérieur, où Simon et Rodrigo nous préparent de très bons cocktails au Pisco Sour et à la liqueur de Calafate.

 

Nous partons nous coucher pendant que le Stella Australis navigue par le canal Murray et la baie Nassau en direction du Parc National du Cap Horn.

 

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Jour 2

Réveil à 6h du matin, nous ouvrons les rideaux et wahou !!! Le paysage du Parc National du Cap Horn est à couper le souffle. Les conditions climatiques semblent clémentes, nous avons de la chance et allons pouvoir débarquer sur l’île Horn.

 

Chaque cabine du Stella Australis dispose d’une immense fenêtre au lieu d’un simple hublot, c’est un véritable bonheur au réveil d’observer les glaciers, bien au chaud depuis son lit douillet.

 

Nous voilà sur le pont, bien couverts, avec nos vêtements techniques, chapkas et gants, sans oublier notre gilet de sauvetage. Une armada de zodiaques embarque les passagers par douzaine et nous conduit vers le Cap Horn.

J’ai du mal à y croire, il est 6h30 du matin, nous sommes à 146km au sud d’Ushuaia et dans quelques secondes, je vais poser le pied au Cap Horn ! Les tempêtes et les difficultés techniques de navigation ont fait de ce cap un véritable défi d’explorateur. Même si aujourd’hui, grâce au canal de Panama, les navires peuvent choisir une autre route, les nombreuses épaves entretiennent les légendes.

 

Situé sur une île de 6km de long et de 2km de large, le Cap Horn est une paroi rocheuse de plus de 400 m d’altitude. Nous posons pied à terre et gravissons la centaine de marches en planches de bois.

 

Au sommet, le panorama est splendide.

 

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Le vent glacial et la végétation singulière rappellent à quel point ce lieu est hostile à toute vie humaine.

 

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Seuls le gardien du phare, sa femme et ses deux enfants habitent ici à l’année. Parfois, ils n’ont pas de visite pendant des semaines…

 

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Nous revenons en zodiac sur le Stella Australis allons prendre un petit-déjeuner bien mérité. Il n’est que 9h et la journée est déjà bien chargée.

 

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La navigation reprend à travers le Parc National du Cap Horn et le Parc National Alberto de Agostini, tous deux déclarés Réserve Mondiale de Biosphère par l’UNESCO.

 

L’équipage propose une conférence documentée sur la vie de Fernand de Magellan et ses explorations. La plupart des membres d’équipage sont guides d’expéditions et sont passionnés par la Patagonie et son histoire. C’est un bonheur de les écouter parler de Magellan !

 

En fin d’après-midi, nous débarquons dans la baie de Wulaia. Habitée à l’origine par des canotiers Yamanas (peuple nomade amérindien de Patagonie), la baie a vu débarquer les premiers explorateurs européens dont le Capitaine Robert Fitz Roy à bord du HMS Beagle, le 23 janvier 1833. Accompagné du jeune naturaliste Charles Darwin, ils avaient ramené à l’époque quatre indigènes Yamanas en Angleterre.

 

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Nous randonnons une trentaine de minutes à travers une forêt de Magellan. La flore ressemble à celle du Parc National de la Terre de Feu à Ushuaia : des lengas, des calafates, des notros rouges vifs en pleine floraison, des lichens ‘barbe de vieux’ et beaucoup de Pan del Indio sur les branches des arbres.

 

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Des oiseaux nous accompagnent en sifflant tout au long de notre ballade. Au sommet de l’île, le panorama est de toute beauté.

 

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Nous redescendons vers la plage, où le barman nous sert chocolat chaud et whisky pour nous réchauffer ! Nous reprenons le zodiac pour rejoindre le Stella Australis.

 

La navigation reprend en direction du canal de Brecknock. A la fin du diner, nous affrontons la rencontre mouvementée entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique, il est pratiquement impossible de se déplacer à bord tant le bateau est secoué. Nous prenons tranquillement notre dessert le temps que tout se calme…

 

 

Jour 3

Ce matin, pas d’expédition aux aurores. Nous traversons les canaux Ocasión, Cockburn et Magdalena afin d’entrer au Seno De Agostini.

 

Au début du XXe siècle, Alberto Maria de Agostini, Prêtre salésien d’origine italienne parcourut la Patagonie pour étudier les autochtones jusqu’en 1950. C’est en hommage à son important travail d’exploration que le Parc porte son nom aujourd’hui.

 

Depuis le pont supérieur, on aperçoit les glaciers qui descendent de la cordillère Darwin et se jettent dans l’océan.

 

Dans l’après-midi, nous débarquons en zodiac au glacier Águila, entouré par les montagnes de la cordillère de Darwin. Notre guide Patricio nous accompagne pour une promenade à travers la forêt humide et froide de Patagonie. Le paysage semble surnaturel, les couleurs et les textures des mousses et des lichens rendent l’atmosphère fantastique.

 

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Nous arrivons ensuite face au glacier Águila. Un monstre de glace qui a sculpté le relief, déversant de la glace et des sédiments sur toute la région.

 

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Mêmes les roches portent les traces de l’écoulement de la glace fondue.

 

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Nous retournons sur le navire et nous improvisons un cours de yoga avec des passagers Américains et Japonais. Même si nous avons fait des expéditions, nous sommes la plupart du temps confinés sur le navire depuis 3 jours et ressentons sérieusement le besoin de se dégourdir. Un cours de yoga international face aux glaciers de la Cordillère de Darwin, on peut difficilement rêver mieux, non ?

 

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Nous nous préparons pour la dernière soirée à bord du Stella Australis, avec le traditionnel diner du capitaine.

 

La véritable carte de navigation utilisée par le Capitaine Adolfo Navarro deux jours auparavant pour rejoindre le Cap Horn est mise aux enchères. Les enchères atteignent vite des chiffres astronomiques, dommage ! En guise de consolation, le Capitaine nous propose de retranscrire le trajet emprunté sur notre petite carte de navigation donnée au début de la croisière.

 

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Jour 4

Au petit jour, les conditions climatiques sont optimales et nous allons pouvoir débarquer sur l’île Magdalena, lieu d’approvisionnement obligatoire des anciens navigateurs et explorateurs.

 

Aujourd’hui, l’île Magdalena n’est plus habitée par l’Homme. Elle abrite le monument naturel Los Pinguinos, lieu protégé par la Corporation Nationale Forestière (CONAF) l’organisation protectrice de la vie sauvage chilienne.

 

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Plus de 70 000 couples de manchots de magellan, mais aussi des cormorans, des goélands, des mouettes et des ibis utilisent l’île comme lieu de reproduction.

 

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Pendant notre promenade jusqu’au phare, nous observons une immense colonie de manchots de Magellan.

 

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Nous passons plus d’une heure à les observer. Les manchots font leur vie et ne semblent pas se soucier de notre présence. Ils ravitaillent leur nid avec des brindilles, se déplacent maladroitement et font de drôles de cris pour communiquer entre eux.

 

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A 9h, nous retournons de force sur le Stella Australis, je serai bien restée toute la matinée les observer ! Nous prenons le petit-déjeuner, récupérons nos passeports et nous apercevons au loin le port de Punta Arenas. C’est déjà la fin de ces quatre jours inoubliables de croisière d’expédition au bout de monde !

 

 

Vous essayez et vous me dites ?

6 commentaires
  • Dianne
    août 14, 2017

    Sympa votre article sur la croisière.. Nous envisageons de la faire, séduits par le programme… Quel type de cabine aviez-vous choisi? Pensez-vous qu’il vaut mieux être plus bas ou au niveau intermédiaire (le niveau supérieur est trop cher pour nous).
    Pour l’agence que vous avez choisie, l’avez-vous sollicitée pour tout le voyage, ou simplement pour des lieux bien précis?
    Merci d’avance pour votre réponse, et félicitations pour l’ensemble de votre blog.
    Dianne

    • Laure
      août 14, 2017

      Bonsoir Diane,
      Merci pour votre message.
      Nous avons réservé une cabine A double matrimoniale. Il s’agit de la deuxième cabine la moins chère. La moins chère de toute c’est la cabine B mais on nous l’a déconseillé car c’est presque dans les cales!
      C’était très bien, immense fenêtre de la largeur de la cabine pour voir l’océan. Et puis, vous n’y serez que pour dormir dans la cabine!
      Nous souhaitions au départ solliciter l’agence que pour la croisière, mais après avoir lu leurs conseils et propositions, nous avons fait tout le séjour avec eux. Nous ne le regrettons pas, c’est une agence super professionnelle. Je passerai certainement avec eux pour un prochain voyage dans le nord de l’Argentine.
      Vous allez vous régaler!!!

      • Dianne
        août 15, 2017

        Merci beaucoup pour votre réponse rapide! Votre réponse confirme ce que je pensais, à savoir qu’on ne reste dans la cabine que pour dormir!

  • Dianne
    septembre 3, 2017

    Laure, Pourriez-vous me dire comment étaient habillées les dames et messieurs pour les repas? décontracté, habillé?? Et j’ai lu que les places étaient attribuées d’office pour les repas, sans possibilité de changer. Vous confirmez? Aviez-vous suffisamment de place sur le bateau pour se reposer hors cabine? Merci d’avance pour vos réponses, Dianne

    • Laure
      septembre 3, 2017

      Bonsoir Diane,
      C’est une croisière d’expédition, pas de soirée gala 😉
      Vous pouvez aller dîner décontracté, enfin normal pas en jogging non plus!
      Vous choisissez votre place à table quand vous enregistrez vos bagages le matin avant le départ. Ce sera la même place pour tout le séjour. Si vous voulez avoir une place proche d’une fenêtre, présentez vous tôt à l’enregistrement le matin. Enfin, j’ai passé très peu de temps dans la cabine, que pour dormir. Il y a beaucoup d’endroits pour se poser, bars, salons, salle de sport, tous avec vue splendide. Ne vous prenez pas la tête sur le confort et le prix de votre cabine, vous n’y serez presque jamais!
      Bon voyage!!!

      • Dianne
        septembre 3, 2017

        Merci beaucoup Laure pour ces réponses qui correspondent à mes attentes… Dianne

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