Les splendeurs de Samarcande

Par dimanche 7 août 2016 , ,

Nous quittons Boukhara ce matin pour rejoindre Samarcande en voiture. Pour parcourir les 300km de chaussée défoncée, il nous faudra quasiment toute la journée. Le long de la route défilent les champs de cotons et les terres en friche parsemées de puits de pétrole et traversées par les gazoducs. Nous franchissons la montagne par une route en lacet peu sécurisée et rejoignons enfin le district de Samarcande.

 

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Samarcande est située dans une grande oasis de la vallée du Zeravchan, dans l’est de l’Ouzbékistan. Son histoire remonte à plus de deux millénaires, lorsque la ville a été fondée par les Sogdiens au VIe siècle avant l’ère chrétienne sous le nom d’Afrasyab.

La capitale d’Asie centrale a ensuite été conquise par le macédonien Alexandre le Grand, le Mongol Gengis Khan et le turco-mongol ouzbek Tamerlan.

Au cours des siècles, Samarcande a abrité les esprits savants des historiens, astronomes et scientifiques ; mais aussi les mains d’or des architectes, peintres, céramistes, orfèvres, tisserands… Ces hommes ont fait de la ville une merveille culturelle et architecturale

 

Aujourd’hui, Samarcande compte plus de 400 000 habitants et la cité a été proclamée en 2001 carrefour de cultures et site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

 

Le Reghistan (‘place des sables’ en Persan) est le symbole historique de la ville, avec ses trois médersas : la médersa Ouloug Beg, la médersa Chir Dor et la médersa Tilla Qari.

 

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La médersa Ouloug Beg est l’une des plus grandes d’Asie centrale. Le célèbre astronome a ordonné sa construction pour y accueillir une centaine d’étudiants. Sur le portail, une calligraphie coufique indique « Cette magnifique façade est deux fois plus haute que le ciel, et lourde au point que l’échine de la Terre en est courbée».

 

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La médersa Cher Dor (‘qui porte des lions’ en Persan) a été construite 200 ans après la médersa Ouloug Beg, en miroir de celle-ci. Le portail est décoré de deux lions à la poursuite de deux biches blanches.

 

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La médersa Tilla Qari (‘couverte d’or’ en Persan) a été construite pour compléter l’ensemble et également servir de mosquée du vendredi pour la ville. Le portail de l’édifice est ponctué d’étoiles et de dessins géométriques. L’intérieur de la mosquée est orné de reliefs dorés sur fond bleu, qui lui ont donné son nom.

 

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Nous quittons le Registan et empruntons la toute neuve rue Tachkent, une large rue piétonne bordée de magasins de souvenirs et où circulent seulement des minibus électriques, pour rejoindre la mosquée Bibi Khanoum.

 

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En 1398, alors qu’il rentrait de sa campagne en Inde où il avait rasé New Delhi, Tamerlan voulut réaliser une mosquée dont la splendeur dépassait tout ce qui existait alors. La mosquée porte le nom de son épouse favorite, la princesse chinoise Bibi Khanoum.

 

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Tamerlan, doté d’une grande patience, exécutait à tour de bras les architectes si la construction n’avançait pas. En conséquence, l’ensemble très fragile pour répondre aux desiderata mégalo de l’Empereur (des centaines de colonnes et des centaines de coupoles) commença à se dégrader rapidement. Les tremblements de terre ont fait le reste.

 

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Dans la cour intérieure, on trouve encore un immense lutrin en marbre gris de Mongolie (don d’Ouloug Beg) destiné au Coran d’Othman. Ce coran est la plus ancienne copie manuscrite du livre sacré qui existe. Il se trouve aujourd’hui à Tachkent.

 

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Le Siab Bazaar est un immense bazar qui date du temps des caravaniers de la route de la soie. Aujourd’hui, le marché couvert est le plus grand de Samarcande et il y règne une agitation permanente. On y trouve des fruits frais, des fruits secs, des légumes, des épices, du pain, du fromage, du miel, du sucre candi, du tabac et même des amulettes (griffes, pattes ou dents de loup)…

 

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Nous repartons vers le Registan en direction du mausolée Gour Emir. A l’origine, l’édifice n’était pas prévu pour accueillir la dépouille de Tamerlan. Son petit-fils avait ordonné la construction d’un ensemble comprenant une mosquée et une médersa, mais il mourut au combat avant son achèvement. Tamerlan en reprit donc possession et décida de le transformer en mausolée digne d’accueillir sa dépouille. Grand bien lui en fasse puisqu’il mourut au combat en Chine deux ans plus tard.

Le mausolée devient alors Gour Emir (‘tombeau du souverain’ en Persan) et servira par la suite de tombeau dynastique à la famille des Timourides (dont l’astronome Ouloug Beg).

 

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Ouloug Beg est un astronome dont les calculs sont restés les plus précis durant des siècles. Pour son activité, il s’était construit un observatoire sur les hauteurs de Samarcande, que son fils eut la bonne idée de détruire vingt ans plus tard. Heureusement, il reste encore une grande partie du sextant géant qu’il utilisait pour mesurer la position des étoiles. Dans le musée aménagé à côté, on trouve d’autres instruments de mesure et ses livres de calculs.

 

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Notre séjour à Samarcande s’achève et nous prenons un train à grande vitesse pour rejoindre la capitale Tachkent. Le train est un modèle à grande vitesse espagnol, le Talgo. Même si on est loin du TGV, il nous aura fallu seulement 2h30 pour rallier Tachkent à 250km. Ça change de la voiture et des routes défoncées !

 

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Vous essayez et vous me dites ?

2 commentaires
  • stephanie
    août 29, 2016

    Bonjour,
    etes vous partis seuls ou avec un organisme? Si oui lequel?
    Vos photos et commentaires m’ont encore plus donnés envie d’y aller…
    St&phanie

    • Laure
      août 29, 2016

      Bonjour Stéphanie
      Merci pour votre commentaire! En effet, c’est un pays magique et l’atmosphère y est indescriptible.
      Nous sommes partis en voyage individuel avec l’agence Voyageurs du Monde.

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