Siquijor, l’île mystique des Visayas

Par mardi 30 juillet 2019 , ,

Si vous voyez un Philippin se rendre à Siquijor, vous pourrez parier à coup sûr qu’il est originaire de l’île. Les autres Philippins n’osent pas poser le pied sur la petite île mystique qu’ils surnomment « l’île aux sorcières ».

Siquijor est empreinte de sorcellerie et de mystère, à cause des guérisseurs qui vivent dans les montagnes, les mangkukulams. Ces guérisseurs utilisent différentes techniques issues de l’herboristerie (des huiles magiques, de la fumée, des potions) et aussi le célèbre rituel du bolo-bolo qui consiste à purifier le pèlerin du mal en utilisant une pierre magique noire et de l’eau des montagnes.

 

On raconte de drôles d’histoires à Siquijor à propos de visiteurs Philippins de la capitale qui se seraient moqué de l’existence desdites sorcières. Les habitants de Siquijor ont un grand respect pour les sorcières, on ne rigole pas avec la magie noire à Siquijor !

 

Siquijor est donc une île très peu fréquentée, loin des infrastructures touristiques. La montagne, les villages, les plages, les bouts de jungle, le tout dans une ambiance relax, lui donnent un charme fou.

 

 

 

Après une première traversée en bac entre Cebu et Dumaguete, puis une seconde traversée en ferry, je débarque au port de Siquijor city. Il faut emprunter la route qui fait le tour de l’île pour rejoindre mon hôtel, le Coco Grove Beach Resort à San Juan.

 

Nous traversons la petite ville de San Juan qui s’organise autour du Calipay’s Spring Park, un jardin en plein centre-ville avec un bassin où l’on peut se baigner.

 

Le Coco Grove Beach Resort situé à la sortie de San Juan, en face d’un sanctuaire marin réputé. L’hôtel a des airs d’hacienda (surtout avec le perroquet à l’accueil) et bien qu’abritant trois restaurants et deux piscines, il ne donne pas du tout l’impression d’un resort massif mais plutôt d’un village de vacances. Je m’y installe pour trois nuits.

 

 

 

 

 

Les plongées s’effectuent à une minute de bateau au large de la plage du Coco Grove Resort, avec un accès direct sur les sites du sanctuaire marin. Tortues, nudibranches, poulpes, coraux mous, étoiles de mer bleues, les fonds sont très jolis et le personnel du Dive Center de l’hôtel adorable.

 

 

A quelques kilomètres du Coco Grove et facilement accessible en scooter, se trouve la plage de Paliton. C’est une superbe plage de sable blanc, bordée de cocotiers et avec une eau cristalline. Le lieu paradisiaque est pourtant très peu fréquenté et c’est dans une ambiance détendue que quelques locaux viennent pique-niquer. Sur la plage, on voit un immense squelette de bateau en construction, les ouvriers modèlent la fibre à la main.

 

 

Face à la plage, se dresse une villa sur trois étages avec une décoration très particulière. Les escaliers, les murs, les éléments de décoration sont recouverts de coquillages.

 

 

 

Au large de la plage de Paliton, on peut plonger dans un autre sanctuaire marin.

 

 

Siquijor n’est pas très grande et le meilleur moyen pour faire le tour de l’île (75 km) est de louer un scooter ou un tuk-tuk. J’ai réservé un tuk-tuk pour la journée avec Allan qui connait l’île comme sa poche.

 

Nous prenons la route principale pour faire le tour de l’île. Juste avant le village de Campalanas se dresse un balete vieux de 400 ans. Cet arbre enchanté se trouve au bord d’un bassin alimenté par une source avec des poissons nettoyeurs (qui veut une fish pedicure ?). Les locaux se retrouvent régulièrement autour de cet arbre sacré pour des rituels.

 

Nous continuons vers le village de Lazi. Aujourd’hui c’est jour de marché.

 

 

Le village abrite un couvent (désormais transformé en musée et en école). C’est le plus ancien couvent des Philippines, il a été construit à la fin du XIXème siècle.

 

 

 

Juste en face se dresse l’église San Isidro Labrador, construite en en pierre de corail et en bois en 1884. Elle est actuellement en rénovation.

 

 

Nous passons devant un immense manguier. C’est presque la saison des mangues, les fruits sur l’arbre sont juteux et sucrès, quasiment mûrs. Pour les protéger des oiseaux ou des insectes, chaque mangue est emballée individuellement dans un petit sac en papier journal.

 

 

Nous passons tout près des chutes de Cambuhagay. Il s’agit de chutes d’eau à trois niveaux avec une randonnée dans la forêt. J’ai eu ma dose de cascades à Cebu et j’ai choisi de ne pas m’arrêter ici pour privilégier la découverte du reste de l’île.

 

Nous grimpons péniblement en tuk-tuk via une route cabossée au sommet du Mont Bandilaan. A plus de 550 mètres d’altitude, le point culminant de l’île de Siquijor offre une vue imprenable depuis la plateforme d’observation.

 

 

 

Non loin de là, je m’arrête au sanctuaire des papillons (Butterfly Sanctuary Farm). Dante est un agronome, il a construit de ses mains ce sanctuaire, un projet de conservation, pour augmenter la population de papillons sur l’île de Siquijor et contribuer à un écosystème plus équilibré. A l’époque, le gouvernement avait aidé au financement du projet mais les aides ont maintenant cessé. Le jardin est ouvert aux visiteurs pour admirer les papillons, les cocons et les larves à différent stades. L’endroit en encore en développement, au gré des donations des visiteurs et passionnés du monde entier.

 

 

 

 

En descendant de la colline, j’observe les maisons traditionnelles. Allan me dit que son oncle est artisan en amatan, le tressage décoratif des maisons qui peut prendre la forme de divers motifs.

 

 

Tout près de Lazi, nous longeons un rizière (la seule rizière que j’aurai vu en Asie du Sud-Est !) mais pas en escalier. Elle ressemble aux rizières au Nord de l’Italie.

 

 

Nous passons le long de la mangrove à Villanueva Enrique. Ce paysage caractéristique du littoral des zones tropical est en fait une forêt poussant dans l’eau. Ces arbres poussent dans la vase et peuvent supporter l’eau salée.

 

 

 

Nous traversons Siquijor city pour aller voir l’église Saint François d’Assise construite en 1774 dans le style colonial des églises catholiques espagnoles. C’est amusant de voir que son clocher se trouve à quelques mètres de l’église, au milieu d’une place ! Il servait de tour de guet en plus de clocher.

 

 

Sur le chemin du retour au Coco Grove, nous nous arrêtons au Monkey Business pour boire une limonade de Calamansi et déjeuner avec un sizzling pork sisig.

 

 

 

 

 

Vous essayez et vous me dites ?

 

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