Plonger à Silfra, même pas froid !

Par dimanche 14 octobre 2018 , ,

L’Islande est une île à cheval sur la dorsale médio-Atlantique, qui sépare les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne. Cette dorsale est une zone de divergence : les deux plaques tectoniques s’éloignent de 2.5cm par an, créant ainsi une immense faille. Le magma remonte à la surface entre les deux plaques qui s’éloignent et forme une nouvelle croute.

 

Une dorsale émergée est un phénomène rare. Cela signifie que la remontée de magma est telle que la dorsale fait surface au-dessus de l’océan. Il en existe seulement deux dans le monde : l’Islande et Dijibouti.

 

 

Cette dorsale traverse l’Islande en diagonale du Nord au Sud, en passant par le Parc national de Þingvellir, à 45 minutes de route de Reykjavik. Le Parc national de Þingvellir est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004. Þingvellir signifie « la plaine du Parlement » en Islandais. C’est dans un amphithéâtre naturel que l’Alþing, assemblée nationale constituée par les premiers colons, fut créé en 930.  Il s’agit d’un des plus vieux parlements du monde, à l’époque où le reste de l’Europe obéissait encore à un système féodal.

 

Le parc national de Þingvellir est traversé par la faille de Silfra qui sépare les deux plaques. Cette faille est immergée par de l’eau qui descend du glacier Langjökull. Ainsi, il est possible de plonger dans cette faille, entre les deux continents !

Avant de s’écouler dans la faille de Silfra, l’eau qui descend du glacier Langjökull est filtrée pendant une centaine d’année. On plonge donc dans de l’eau minérale pure, d’une transparence absolue.

 

Nous avons réservé une plongée en bouteilles avec Dive.is et nous voilà donc au point de rendez-vous à Silfra, à 8 heures du matin. Nous sommes dehors, en doudoune et bonnet car le thermomètre dépasse à peine le zéro. Par chance le soleil est de la partie.

 

C’est le temps idéal pour aller plonger dans une faille remplie d’eau de glacier à 2°C, à 300km du cercle polaire, hein ?!

 

Remco (Rhum & coke pour les intimes) sera notre guide et Clarence nous assistera en surface. Nous serons seulement trois plongeurs avec Remco. C’est toujours rassurant d’avoir une petite palanquée dans ces conditions extrêmes.

 

Après un briefing sur le Parc National, la géologie de la faille et la plongée elle-même, nous nous équipons. On nous a conseillé de se couvrir entièrement de vêtements en thermolactyl. Pour ma part, j’ai un legging et deux tee-shirts à manches longues heattech de chez Uniqlo et deux paires de chaussettes de ski en laine. On enfile la combinaison étanche en néoprène puis Remco et Clarence nous aident à enfiler la cagoule et serrent le tout avec un collier à crans en plastique. C’est un peu sadique ce truc, mais on s’assure que de l’eau glacée ne rentre pas dans la combinaison ! Pour terminer, on nous aide à enfiler les gants, enfin des sortes de moufles à trois doigts (dédicace au Père Noël est une ordure) qui ne seront pas étanches mais tiendront chaud quand même à nos doigts…

 

Il faut marcher environ 200 mètres tout équipé jusqu’à la plateforme pour entrer dans l’eau. Clarence nous accompagne, il nous aidera à chausser les palmes (non, nous n’avons pas marché 200 mètres avec les palmes !) et à enfiler le masque car on est bien maladroits avec ces gros gants à trois doigts.

 

 

Un petit test de flottabilité en surface, et hop immersion en profondeur dans la salle de Silfra.

 

Wahouuuuuuu ! L’eau cristalline permet de voir à plus de 100 mètres. Je n’ai jamais vu une telle visibilité sous l’eau. Les falaises tout autour sont accidentées, sans aucune vie marine. Les rayons du soleil traversent l’eau et projettent des ombres sur les reliefs, créant des contrastes et des nuances de bleu à couper le souffle.

 

 

La beauté des lieux ferait presque oublier que l’eau à 2°C s’infiltre doucement dans les gants…

 

Nous avançons vers la cathédrale de Silfra. Les masses rocheuses se resserrent, c’est magique. On plonge au milieu d’une faille, on peut même toucher les deux parois opposées en même temps. Ce n’est pas très profond, nous ne descendrons pas plus bas qu’une quinzaine de mètres.

 

 

Nous remontons tranquillement pour passer par une piscine en surface qui permet de rejoindre la lagune.

 

 

Les nuances changent, un limon vert-jaune recouvre le sol, avec les rayons du soleil c’est splendide. La lagune n’est vraiment pas profonde et mieux vaut avancer en frog kick si vous ne voulez pas remuer le limon et ruiner la vue aux plongeurs suivants.

 

 

Cela fait déjà 40 minutes qu’on est sous l’eau. On ne consomme presque rien à cette profondeur et le paysage extraordinaire nous ferait presque oublier que l’eau est glacée. Nous sortons par une autre plateforme et le choc avec l’air frais est violent. Les lèvres sont figées (un lifting gratuit !) et les doigts sont engourdis. Clarence nous a rejoints pour nous aider à sortir de l’eau. Il faudra marcher 200 mètres avec tout l’équipement sur le dos pour rejoindre le parking.

 

 

Remco et Clarence nous offrent un chocolat chaud et un snack pour nous réchauffer. Le soleil brille, nous avons vraiment beaucoup de chance.

 

Qui veut y retourner ?

 

Nous nous regardons tous les trois, évidemment ! On change les bouteilles et c’est reparti. Remco emporte un appareil pour nous immortaliser dans la cathédrale. C’est vrai qu’avec ces gants trois doigts, j’ai bien galéré avec la GoPro lors de la première plongée.

 

 

Il y a un groupe de snorkellers qui se met à l’eau à la plateforme. Nous attendons tranquillement au soleil que le chemin se dégage. La deuxième plongée n’est pas moins magique que la première. Maintenant que l’appréhension du froid est passée, nous profitons encore plus de la plongée. Des photos dans tous les sens, des jeux de bulles pour voir comment le soleil se reflète dedans. C’est un moment incroyable !

Je n’en reviens toujours pas : ce matin nous avons plongé deux fois dans la faille de Silfra, entre deux continents dans une eau à 2°C ! C’est une expérience unique et inoubliable.

 

Comment plonger à Silfra ?

 

Pour des raisons de sécurité et aussi de préservation des lieux, il n’est pas possible de plonger seul à Silfra. Il faut passer par une agence autorisée par le Parc.

L’organisation et le service proposés par Dive.is sont top. Remco et Clarence ont été aux petits soins avec nous pour que nous profitions à fond de ce moment. Je vous les recommande fortement.

 

L’activité n’est pas donnée. Il faut compter 39 900 ISK (soit presque 300€) avec Dive.is et c’est 40€ plus cher que tous les autres.

 

La différence ? C’est la seule agence qui a un ratio de 3 plongeurs pour un guide, afin que les plongeurs reçoivent toute l’attention et l’aide dont ils pourraient avoir besoin. De plus, c’est la seule agence à proposer un guide supplémentaire en surface pour plus de sécurité et de support. Enfin, ce sont les seuls à disposer d’un vestiaire (en sortant d’une plongée dans l’eau glacée, on apprécie de ne pas changer sur un parking en plein vent).

 

 

Vous essayez et vous me dites ?

 

 

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