Oaxaca, identité indienne du Mexique

Par dimanche 22 janvier 2017 , ,

A 500km au sud-est de Mexico, soit à peine une heure d’avion, la ville de Oaxaca est une destination fascinante et riche en culture.

Berceau de la civilisation zapotèque, la ville coloniale de Oaxaca marie artisanat, traditions culinaires et festives.

 

 

J’ai eu la chance de visiter Oaxaca pendant la semaine de la Toussaint. Au Mexique, le jour des morts – dia de los muertos – est une grande fête où l’on célèbre les défunts.

A Oaxaca, où se mélangent influences indiennes, zapotèques et catholiques, les ancêtres ont une place très importante dans la culture et cette fête est un moment marquant, bien plus que n’importe où ailleurs au Mexique.

Chaque famille réalise pour les défunts un autel couvert d’offrandes de fleurs ou de nourriture. Les maisons, restaurants et boutiques sont décorés de fleurs, de statues en forme de squelette – les belles Catrina – et d’immenses tapis de sable coloré. A la nuit tombée, les habitants défilent en parade et se retrouvent dans les cimetières.

 

 

Oaxaca compte de nombreux édifices à l’architecture coloniale. La grande place centrale – le zócalo – qui s’étend devant la Cathédrale Notre Dame est le cœur de la ville. Les nombreuses terrasses à l’ombre des arcades sont l’endroit idéal pour se restaurer en écoutant les musiciens ambulants.

 

 

 

Une odeur résineuse nous attire vers un étal. Une vieille dame vend des blocs de copal qu’elle fait brûler. Cette résine végétale provient du bois du même nom et est utilisée comme encens. On dit que le copal purifie et protège du mauvais œil.

 

 

A l’entrée du marché, un autre étal propose des chapulines. Ce sont des sauterelles frites avec du piment en poudre, que l’on déguste en guise d’apéritif. Petite hésitation, je me laisserai finalement tenter quelques jours plus tard. Comme dirait mon compatriote aveyronnais, c’est gourmand croquant !

 

 

Le meilleur moyen de s’imprégner de l’ambiance reste encore de flâner dans les rues de Oaxaca, de se perdre dans les allées des nombreux marchés ou d’errer dans les galeries d’art.

 

 

 

A quelques blocs du zócalo, au bout de la rue piétonne d’Alcala, vous ne pourrez pas manquer le temple et l’ancien couvent de Santo Domingo de Guzman.

Les frères dominicains ont construit cet ensemble au XVIe siècle pour évangéliser le territoire de Oaxaca. Il ne reste aujourd’hui qu’une partie du couvent mais c’était à l’époque la construction religieuse la plus grande du Mexique. On voit que l’église a des murs très épais, ce qui est courant dans les régions sismiques.

 

 

Oaxaca est aussi la capitale du chocolat. La fève de cacao y est cultivée depuis plus de trois millénaires. Dans toute la région, on trouve des boissons et des plats traditionnels à base de cacao.

Au Mexique, on commence souvent la journée avec un atole, une boisson épaisse à base de farine de maïs. On peut l’aromatiser avec du miel, de l’anis, de la cannelle, du piment ou de la pulpe de fruits. Quand on y ajoute du chocolat, on appelle cela le champurrado, c’est le chocolat chaud traditionnel mexicain.

En version salée, on marie le cacao avec piment, tomate et autres épices pour réaliser le mole : une sauce épaisse au chocolat que l’on sert avec des morceaux de viande. Il existe autant de recettes de mole que de clochers dans la région ! Au marché de Oaxaca, on propose des moles déclinés en 7 couleurs, les plus célèbres sont le mole poblano et le mole oaxaqueño.

 

 

Comment parler des marchés de Oaxaca sans parler du mezcal. Cette eau-de-vie typique de la région est issue de la fermentation du jus d’agave.

 

 

Le mezcal se consomme pur, un peu comme la tequila : avec une pincée de sel aromatisé au piment et aux chenilles pilées. Il existe aussi des versions pré-aromatisées plus commerciales, où l’on mélange le mezcal avec du miel de maguey et des arômes de coco, banane, passion…

 

 

Le charme de Oaxaca ne vous laissera pas indifférent. Que ce soit ses habitants chaleureux, son artisanat ou sa gastronomie, Oaxaca est un trésor culturel au Mexique.

 

 

Cette jolie carte postale de Oaxaca ne serait pas complète sans un mot sur la politique de la région. Les communautés indiennes qui représentent 20% de la population luttent contre les discriminations linguistiques et culturelles. Quelques mois avant mon séjour, de violents affrontements entre l’état et l’opposition ont eu lieu dans la région. Les tags à caractère révolutionnaire sur les murs de la ville rappellent que le calme retrouvé est encore fragile…

 

Vous essayez et vous me dîtes ?

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