La Table du 11 à Versailles, courez-y vite!

C’est à Versailles, à deux pas de la cathédrale Saint-Louis, que je vous emmène découvrir mon coup de cœur de l’été : la Table du 11. Ouvert depuis le mois de février, le restaurant fait déjà beaucoup parler de lui dans l’ouest parisien et je voulais donc me faire mon propre avis…  Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue !

 

Je pousse la porte de la Table du 11 un samedi soir et entre dans une petite salle lumineuse à la décoration épurée. Miroirs aux murs, fauteuils confortables d’inspiration scandinave, chic et sobriété, on se sent tout de suite à l’aise. Les tables sont très espacées, si bien que le restaurant accueille moins de 30 couverts à chaque service.

 

On nous distribue un petit fascicule avec un menu unique en deux propositions : cinq ou sept plats (49€ ou 65€). De la préparation on ne sait rien, seuls les produits de base sont énoncés sur le menu.

 

Derrière cette carte un brin mystérieuse se cache Jean-Baptiste Lavergne-Morazzani. Passé par le Trianon Palace, l’hôtel Meurice et le Cobéa, on dit du très jeune – mais déjà fort expérimenté – Chef qu’il a tout d’un grand, la fougue et l’audace en prime…

 

Pour l’apéritif, je commande un verre de Gewurztraminer « cuvée Marie-Louise » 2012 AOC du domaine Alphonse Kuentz. Il est éclatant et a une belle robe jaune dorée. Son nez est floral et très miellé. Il rappelle les fruits confits et la poire compotée. En bouche, il est ample, très gras et bien liquoreux, on dirait presque une vendange tardive.

 

C’est Papa qui se colle au service, avec sourire et bonne humeur. Il nous propose pour l’apéritif des beignets au chorizo ibérique et crémeux de noix de cajou. Un peu copieux mais très bon !

 

Mise en bouche

Perles de blé à la parmesane, champignons et poutargue, décoré de quelques pousses d’oxalis (la petite oseille sauvage).

C’est crémeux à souhait. Les perles de blés éclatent en bouche, ce qui donne une texture intéressante par rapport au riz rond du risotto, plus classique.

 

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Mise en bouche

 

On nous sert une belle portion individuelle de pain chaud, avec un médaillon de beurre maison aromatisé au Wasabi.

 

Seiches et moules de Bouchot, fenouil

Les fines lanières de seiches et les moules au fenouil sont recouvertes d’une espuma iodée, surmontée d’une fine branche de fenouil sauvage. C’est léger, iodé, anisé, bref ça sent l’été !

 

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Seiches, moules de Bouchot, fenouil

 

 

Cabillaud, maïs, haricots beurre

Un morceau de cabillaud, surmonté de deux mini épis de maïs grillés, des haricots beurre, des pousses d’oxalis et une feuille tétragone, plus connue sous le nom d’épinard d’été. Ce poisson est accompagné d’une verrine de purée de maïs décorée de pop corn.

Ce plat me rappelle la cocotte de polenta de maïs avec des dés d’anguille du Belcanto à Lisbonne. L’association du poisson et du maïs est décidément quelque chose qui plait. La cuisson du poisson est top, tout comme celle des petits légumes croquants. Un plat beau pour les pupilles et bon pour les papilles !

 

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Cabillaud, maïs, haricots beurre

 

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Maïs et maïs

 

 

La serveuse nous présente un plateau noir où sont disposés une vingtaine de couteaux de Thiers de couleur différente et nous demande de choisir notre couteau pour la suite.

 

Je commande un verre de Costière de Nîmes 2013 AOC, le « G. » du domaine Galus. L’étiquette illustrée par un peintre du terroir rappelle la tauromachie, indissociable de la culture gardoise.

Ce Syrah-Grenache est grenat foncé, son nez rappelle les fruits rouges. En bouche, il est tannique et très charpenté. On sent qu’il a passé plusieurs mois en barriques. Il est un peu trop puissant à mon goût, je l’aurais bien goûté dans un an ou deux, une fois qu’il se sera un peu patiné.

 

Cochon Label Rouge, aubergine, raisin au miel

Deux morceaux de cochon Label Rouge sont présentés avec du caviar d’aubergine, des écorces de citron confit, des raisins au miel et des feuilles d’oseille sanguine. Le Chef joue encore élégamment avec le sucré et le salé, chaque saveur est intelligemment dosée. Le cochon est tendre et savoureux, et la cuisson encore parfaite.

 

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Cochon Label Rouge, aubergine, raisin au miel

 

 

Pêche, verveine

Le premier dessert est servi dans une très belle verrine avec de la pêche de vigne, un crumble, une mousse de verveine et une quenelle de glace maison à la pêche de vigne. C’est frais et acidulé, ça croustille et c’est fondant. Le mélange des textures et des couleurs est réussi, l’assemblage avec la verveine est délicat, fermez les yeux et vous entendez les cigales… Quel dommage que la verrine ne soit pas plus grande !

 

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Pêche et verveine

 

 

Tube chocolat, lait et 64%

C’est un tube en chocolat 64% rempli d’une mousse de chocolat au lait et décoré d’une petite feuille d’argent. Il est accompagné d’une quenelle de glace au caramel beurre salé et de brisures de noix de cajou. Présentation sophistiquée, finesse et goût, que demander de plus.

 

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Tube chocolat, lait et 64%

 

On nous apporte l’addition avec quelques mignardises : des truffes au chocolat et des petits financiers.

 

Je suis conquise, du début jusqu’à la fin, le repas a été un sans-faute. Je reviendrai à la Table du 11, c’est certain!

Le Chef a pris le parti de faire un menu unique pour donner le meilleur des produits de saison. Son menu du soir en cinq ou sept plats est renouvelé tous les mois.

Et la cave ? Une carte, certes pas très fournie, mais assez variée et surtout abordable (un choix de vin au verre à partir de 7€).

 

Bravo

  • Le service est soigné, souriant et joyeux. De la délicatesse mais sans faire dans le guindé. On nous met très à l’aise, sans non plus nous taper dans le dos. On se sent vraiment bien dans cette petite salle.
  • Et dans l’assiette ? Perfecto ! La cuisine est juste, tout est élégamment maitrisé, dans un esprit un peu fou-fou qui nous surprend à chaque plat.
  • Le Chef est venu saluer chaque table à la fin de leur repas avec le sourire et pas seulement pour le geste. Il est resté discuter quelques minutes avec nous, nous demandant notre avis, écoutant nos commentaires et prenant plaisir à répondre à nos questions.

 

Dommage

  • En cherchant bien, mais vraiment en cherchant des poils sur les œufs… J’ai une seule remarque à faire. Au début du repas, nous avons demandé une carafe d’eau et la serveuse l’a posée sur la table sans nous servir. Mouahhhhh c’est gravissime, non ?

 

Vite, vite, dépêchez-vous d’y aller ! C’est maintenant qu’il faut profiter de la folie du jeune Chef, de son audace, tant qu’il ose prendre des risques et qu’il se cherche. On en reparle dans quelques années mais la première étoile Michelin lui pend au nez…

 

 

Vous essayez et vous me dites ?

 

La Table du 11

11, rue Saint Honoré – Versailles – 09 83 34 76 00

Fermé le dimanche et le lundi

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