Khiva, un voyage au temps des caravaniers

Après notre atterrissage à Ourguentch, nous traversons rapidement la ville moderne en voiture pour rejoindre Khiva. La ville moderne d’Ourguentch de 200 000 habitants ne présente pas grand intérêt avec ses constructions soviétiques austères et ses larges avenues vides à 6h du matin.

 

Khiva est située dans la région du Khorezm, au milieu des déserts rouges et noirs, proche de la frontière avec le Turkménistan. La vieille ville ‘Itchan Kala’ (ou ‘ville intérieure’ en turc) est entourée de remparts en pisé et s’étend sur 600 mètres de long et 400 mètres de large. Itchan Kala est habitée par moins de 2000 personnes. Notre premier véritable contact avec l’Ouzbékistan commence donc par ce musée à ciel ouvert, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

La légende raconte que Sem, le fils de Noé, aurait tracé les contours de la ville en s’inspirant d’un mirage pour y creuser un puits d’eau douce. Khiva est ainsi devenue l’ultime étape des caravaniers sur la Route de la Soie avant de traverser le désert en direction de l’Iran et de la mer Caspienne. L’Oasis de Khiva a subi de nombreux bouleversements politiques. D’abord en territoire Perse, elle fut conquise par les Grecs, les Arabes puis les Mongols. En 1379, le héros guerrier Tamerlan reprit la ville avant de la céder aux Ouzbeks puis à l’URSS en 1920.

 

La circulation automobile est bannie dans la forteresse. Notre chauffeur nous dépose donc devant la porte occidentale Ota Darvoza, à quelques mètres de notre hôtel, l’Orient Star. L’hôtel s’est installé dans les murs de la médersa Mohammed Amin Khan qui accueillait 250 étudiants à l’époque.

 

khiva-ouzbekistan-mohammed-amin-khan-kalta-minor

 

Les médersas ne se contentaient pas seulement d’enseigner le Coran mais également les sciences telles que les mathématiques et l’astronomie. Le plus grand mathématicien de l’humanité est d’ailleurs né à Khiva, un certain Al-Xorazmiy, dont le nom déformé en latin est devenu Algorithme.

 

khiva-ouzbekistan-al-xorazmiy-algorithme

 

La première chose que je vois en posant le pied sur le sol Ouzbek (hormis l’aéroport) est le Minaret Kalta Minor. Je suis frappée par cette intensité de bleu juste en face de moi. La ville intérieure est encore déserte, il n’est que 7h du matin et le panorama est splendide.

 

khiva-ouzbekistan-minaret-kalta-minor

 

Ce minaret inachevé devait s’élever à plus de 70 m pour être le plus grand minaret d’Asie Centrale. Sa construction fut finalement abandonnée à 26 mètres après la mort de son commanditaire, le Khan de Khiva, Mohammed Amin. On raconte que l’architecte aurait alors accepté d’ériger le même à Boukhara. Il aurait été jeté du sommet dans un sac, pour haute trahison à la ville de Khiva…

 

Le complexe Islam Khodja est bien visible avec son minaret de 45 mètres de haut. L’ensemble porte le nom d’un vizir à l’origine de sa construction, qui voulait réformer l’enseignement religieux. L’homme sera assassiné et son architecte enterré vivant. Les 42 salles de la médersa abritent aujourd’hui le musée des Arts appliqués de Khiva.

 

Le palais Tach Khaouli (Palais de Pierre) est une véritable splendeur architecturale. Son architecte, qui n’avait pas fini l’ouvrage dans les trois ans impartis, eut la vie sauve lorsque le Khan vu la finesse de l’ensemble et accepta un léger retard de livraison. Il fallut tout de même 8 ans et la main d’œuvre d’un millier d’esclaves pour voir le bout du chantier. Architecte, un job pas facile à l’époque…

La cour intérieure abrite un immense harem avec 5 iwans. Le Khan vivait dans le premier et ses quatre épouses officielles dans les autres.

 

khiva-ouzbekistan-palais-tach-khaouli-iwan

 

khiva-ouzbekistan-palais-tach-khaouli-iwan-plafond

 

khiva-ouzbekistan-palais-tach-khaouli-harem

 

On retrouve le travail de sculpture du bois sur les piliers et les plafonds, dont on a récemment rénové les couleurs.

 

La mosquée Djouma, ou mosquée du vendredi, est une immense pièce au toit plat soutenu par 17 rangées de 13 colonnes de bois sculpté.

 

khiva-ouzbekistan-mosquee-djouma-vendredi

 

L’ancienne citadelle Kunya Ark était la résidence des Khans jusqu’en 1919. On peut y observer une très belle mosquée d’été avec là aussi des décors géométriques et végétaux en céramique. Dans l’ancien hôtel des monnaies, on peut voir des billets de l’époque en soie, beaucoup moins chers à produire qu’en papier ! En montant les marches du bastion Ak Cheikh Bobo, on découvre une vue splendide sur la forteresse de Khiva.

 

khiva-ouzbekistan-kunya-ark

 

khiva-ouzbekistan-kunya-ark-billet-soie

 

khiva-ouzbekistan-itchan-kala-kunya-ark

 

 

Les coupoles vert-de-jade du mausolée Pakhlavan Makhmoud deviennent éclatantes au coucher du soleil. Ce complexe funéraire abrite plusieurs tombes de grands personnages Ouzbeks.

 

khiva-ouzbekistan-mausolee-pakhlavan-makhmoud

 

L’artisanat local est spectaculaire avec à chaque coin de rue des portes en bois finement sculptées, des tapis de soie, des murs ornés de céramique…

 

khiva-ouzbekistan-itchan-kala-poupee

 

khiva-ouzbekistan-tapis-ceramique

 

khiva-ouzbekistan-itchan-kala-tissage-soie

 

Les murs en briques de la ville sont incrustés de petits éléments vert-de-jade qui rappellent un symbole de la doctrine zoroastrienne « bonne pensée, bonne parole, bonne action ».

 

khiva-ouzbekistan-zoroastre

 

Khiva est une ville au calme reposant qui fait voyager dans le passé, au temps des caravaniers. La ville est le reflet des splendeurs de l’architecture musulmane en Asie centrale avec ses multitudes de mosquées, médersas et mausolées. Notre première étape en Ouzbékistan nous a permis de nous couper complètement du monde occidental et de découvrir l’immuable hospitalité d’Asie centrale.

 

khiva-ouzbekistan-itchan-kala-pain-traditionnel

 

khiva-ouzbekistan-itchan-kala-hommes

 

khiva-ouzbekistan-itchan-kala-pakhlavan-makhmoud

 

Vous essayez et vous me dites ?

Pas encore de commentaires.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.