Voir Jérusalem et mourir

Par lundi 22 avril 2019 , ,

Le romancier allemand Goethe a dit « Voir Naples et puis mourir ». Il estimait qu’après une telle émotion, la vie n’avait plus de sens.

 

Il en va de même pour Jérusalem. La concentration de son patrimoine historique, culturel, architectural, religieux, sociologique et gastronomique est telle que vous êtes enivré. Il est difficile d’expliquer l’émotion qui vous envahit à Jérusalem.

 

Jérusalem signifie « cité de la paix ». Pourtant, le monde se bat pour cette ville depuis plus de trois mille ans. C’est difficile à croire en l’observant depuis le Mont des Oliviers.

 

 

On dit que Jérusalem est la ville trois fois sainte, car elle est le berceau des trois grandes religions monothéistes. Pour le Judaïsme, Jérusalem est la cité de David, du Temple de Salomon et de l’Arche d’alliance. Pour les Chrétiens, Jérusalem est le lieu de la crucifixion et de la résurrection de Jésus. Pour les Musulmans, Jérusalem est le point de départ du Prophète Mahomet lors de son ascension vers le ciel.

 

Au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Orient, Jérusalem est une ville cosmopolite, une véritable tour de Babel à ciel ouvert. La ville compte aujourd’hui presqu’un million d’habitants avec la proche banlieue. Un mélange de culture, de religions, chacun avec sa propre idée de ce que pourrait être Jérusalem.

 

 

 

 

 

 

Jérusalem déchaine les passions depuis plus de 3000 ans. Roi, prophète, sultan, empereur, Hébreux, Babyloniens, Perses, Macédoniens, Romains, Byzantins, Mamelouks, Croisés, Ottomans, ont tour à tour dominé la ville. La ville suscite les convoitises et son histoire est entremêlée de foi, ferveur, occupation et conquêtes successives.

 

La vieille ville de Jérusalem, délimitée par les remparts, s’étend sur environ un kilomètre carré. Elle rassemble les lieux les plus sacrés juifs et chrétiens et le troisième lieu saint de l’islam. La frontière entre récits historiques et bibliques est parfois si mince, les émotions sont si fortes, qu’on se perd entre rationnel et spiritualité. Inutile de lutter, Jérusalem est irrationnelle. Cela ne s’explique pas. Même le plus cartésien des scientifiques en perdrait son latin.

 

 

Huit portes percent les murailles de la vieille ville : la porte de Jaffa, la porte Neuve, la porte de Damas, la porte d’Hérode, la porte des Lions, la porte des Maghrébins, la porte de Sion et enfin la porte Dorée, encore murée elle n’ouvrira qu’à la fin des temps selon la tradition juive, c’est la porte par laquelle le Messie entrera dans Jérusalem.

La vieille ville de Jérusalem est divisée en quatre quartiers : le quartier chrétien, le quartier arménien, le quartier juif et le quartier musulman.

 

 

Au cœur du quartier chrétien, on trouve l’église du Saint Sépulcre. Il s’agit du lieu de la crucifixion et de la sépulture du Christ. Six communautés chrétiennes se partagent durement l’édifice dans un délicat statut quo : latins catholiques, byzantins orthodoxes, coptes, éthiopiens orthodoxes, arméniens apostoliques et syriaques orthodoxes.

Tout en haut d’un escalier se trouve la chapelle de la crucifixion, qui marque l’emplacement de la croix de Jésus au sommet du Golgotha où Jésus est crucifié.

 

 

Proche de l’entrée du bâtiment, on trouve la pierre d’onction où le corps de Jésus fut préparé avant d’être inhumé.

 

 

Sur la Rotonde, on trouve le Saint Sépulcre, le tombeau du Christ qui était fermé par une pierre roulante.

 

 

L’église du Saint Sépulcre abrite à l’intérieur les cinq dernières stations de la via Dolorosa (qui en compte quatorze au total), le chemin de croix qu’a emprunté Jésus avant sa crucifixion.

 

 

Le quartier arménien abrite la Tour de David, citadelle de Jérusalem liée à sa défense.

 

 

Le Mont Sion située sur une colline au sud-ouest de la vieille ville, à l’extérieur des remparts, dans le prolongement du quartier arménien. On y trouve le Cénacle, site du dernier repas pris par Jésus avant sa mort ainsi que le tombeau du Roi David vénéré par les juifs.

 

 

 

 

Le quartier musulman renferme l’esplanade des mosquées sur le Mont du Temple. C’est le troisième lieu saint de l’Islam, après la Mecque et Médine. En lieu et place des ruines du temple d’Hérode, les arabes ont érigé deux édifices grandioses : le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa. Le dôme du Rocher représente les origines de l’art islamique. C’est le plus ancien monument musulman encore debout.

 

 

 

 

Le quartier juif s’étend à proximité du mur occidental (ou mur des lamentations) sur les parois du Mont du Temple. Le temple a été édifié, détruit par les babyloniens, reconstruit encore, puis rasé par les romains et jamais rebâti. Le temple abritait le Saint des Saints, l’Arche d’alliance qui contenait les dix commandements.

Le mur des lamentations est le seul vestige encore visible de l’ancien temple, lieu le plus sacré de la tradition juive. C’est devenu le symbole national israélien et on y vient prier, en disposant des petits papiers dans les interstices du mur.

 

 

 

 

 

 

C’est vers le Mont du Temple, ce petit périmètre dense en lieux saints, que convergent tous les regards. Il s’agit du lieu où fut bâti le Temple pour les juifs, où ont eu lieu plusieurs évènements de la vie de Jésus pour les chrétiens, et qui accueille deux hauts lieux de l’islam pour musulmans.

 

Face au Mont du Temple, on aperçoit le Mont des Oliviers. C’est là que des juifs du monde entier sont enterrés et attendent l’arrivée du messie. Depuis le Mont des Oliviers, on a une vue splendide sur Jérusalem.

 

A l’extérieur de la vieille ville de Jérusalem, il ne faut pas manquer le Musée National d’Israël. L’immense musée présente des collections d’une richesse inouïe, en particulier les manuscrits de la Mer Morte des grottes de Qumram. Dans les jardins, on peut admirer une maquette de Jérusalem à l’époque du second temple pour mieux comprendre l’histoire de la cité.

 

 

 

 

 

Jérusalem a un patrimoine culturel hors du commun, d’une incroyable richesse. Je n’avais vu cela nulle part ailleurs dans le monde. Quelle que soit son origine, sa confession, la ville raconte brillamment l’histoire de notre civilisation.

 

 

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