Islande, terre de feu et terre de glace

Par dimanche 30 septembre 2018 , ,

Coiffée de glace et assise sur une fournaise, l’Islande est une terre de contrastes.

 

 

A seulement trois heures de vol de Paris, l’Islande est située juste en dessous du cercle polaire arctique, à 300km à l’est du Groenland et 800km au nord-ouest de l’Ecosse.

 

 

Géologiquement parlant, l’Islande est installée sur la dorsale séparant les plaques tectoniques nord-américaines et eurasiennes, ce qui en fait un des points chauds les plus actifs de la planète. Comme nous l’avons tous étudié au collège, la Terre est recouverte de plaques tectoniques qui flottent sur le magma. Aux points de rencontre des plaques tectoniques, les activités sismique et volcanique sont généralement riches. L’Islande est située sur une zone de divergence, c’est-à-dire que les plaques tectoniques nord-américaines et eurasiennes s’éloignent de 2cm par an. Le magma remonte à la surface entre les deux plaques qui s’éloignent et forme une nouvelle croute.

 

 

 

L’île compte une centaine de volcans, mais aussi des cratères, des sources chaudes, des geysers et des fumerolles. Ça chauffe, ça tremble, ça gronde, ça bloblotte, ça fume… On a l’impression d’être au-dessus d’une cocotte-minute géante.

 

 

Tout le monde se souvient de l’éruption de l’Eyjafjajökull en avril 2010 qui heureusement n’avait pas fait de victimes mais avait paralysé l’espace aérien Européen pendant plusieurs jours.

 

 

L’éruption du Laki en 1783 est la plus importante du dernier millénaire. Les 12 milliards de mètres cubes de lave, les cendres ainsi que les émanations toxiques avaient tué un tiers de la population et provoqué la famine pour les autres.

 

 

Des formations irrégulières aux contours étranges ponctuent le paysage et sont assimilées par les autochtones – descendants des Vikings – à des trolls pétrifiés.

 

 

Un des avantages de cette situation géologique est la présence inépuisable d’eau chaude naturelle. L’Islande compte plus de 200 piscines naturellement chauffées. Reykjavik signifie littéralement en Islandais « la baie des fumées » en raison de la vapeur des sources chaudes qui l’entourent.

 

 

C’est en 1930 que les Islandais ont utilisé la géothermie pour la première fois, pour chauffer une école. Depuis la quasi-totalité des maisons islandaises sont chauffées ainsi, et un réseau du tuyaux chauds passe même sous toutes les rues de la capitale, pour faire fondre la neige ou le gel en hiver.

 

L’Islande est aussi le pays des glaciers et des fjords. Les glaciers recouvrent 11% de la superficie du pays. Le plus grand d’entre eux, le Vatnajökull fait la superficie de la Corse et peut atteindre jusqu’à un kilomètre d’épaisseur.

 

 

 

Ces contrastes, on les retrouve sur le drapeau national, bleu avec une croix rouge entourée de blanc, représentant respectivement le ciel, les volcans et les glaciers.

 

 

Au VIIe siècle, des moines Irlandais vinrent en Islande chercher le calme pour la méditation. Le calme fut de courte durée car ils furent rapidement rejoints par des Vikings venus de Norvège à partir du IXe siècle. Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, après des siècles de colonisation que l’Islande déclara son indépendance, en officialisant sa séparation avec le Danemark en 1944. Rapidement, l’Islande est passée d’une société quasi médiévale à un niveau de vie parmi les plus élevés de la planète.

 

 

Grâce à sa situation géographique, l’Islande est auto-suffisante énergétiquement. Ne sachant quoi faire de son surplus énergétique, bien supérieur aux besoins de ses habitants, le gouvernement a invité les industries à haute consommation énergétique, comme l’aluminium à s’installer sur l’île. On trouve trois fonderies d’aluminium en Islande, alors qu’il n’y a aucun gisement.

 

Dopée par la richesse de ses eaux, la pêche est une industrie massive en Islande. Les « guerres des morues » successives avec la Grande Bretagne conduisirent le pays à repousser en 1970 ses frontières maritimes afin de protéger ses eaux poissonneuses. On y pratique encore la chasse à la baleine, officiellement pour des raisons scientifiques mais aussi pour fournir les rayons des supermarchés. C’est un débat qui divise les Islandais et donne de l’urticaire à la communauté internationale.

 

 

Malgré la crise financière de 2008 qui a plongé le pays dans le marasme, l’Islande a renoué avec la croissance depuis quelques années. Le tourisme a explosé malgré l’inflation et les prix hallucinants dans tout le pays.

 

 

Ce petit pays, qui ne compte que 330 000 habitants, accueille chaque année plus d’un million de touristes ! La plupart des touristes se concentrent autour de Reykjavik. Les trois sites touristiques les plus fréquentés sont nommés le Cercle d’Or : le parc national de Thingvellir, Geysir et les chutes de Gullfoss. Le compagnie aérienne Icelandair qui propose des vols à des prix très compétitifs entre l’Europe et l’Amérique, avec une correspondance à Reykjavik, a trouvé l’astuce : le stopover. Au lieu d’une simple correspondance de 2-3 heures à l’aéroport, les passagers peuvent prolonger leur correspondance jusqu’à 5 jours en Islande pour le même prix. Du coup, les touristes s’arrêtent quelques jours en Islande au milieu de leur trajet transatlantique. Malin !

 

 

L’Islande fait office de modèle dans bien des domaines sur la scène internationale : un fort taux d’éducation (tout le monde parle Anglais), une espérance de vie parmi les plus élevées de la planète… L’Islande est championne de l’égalité hommes-femmes et cela ne date pas d’hier. Les Vikings permettaient déjà aux femmes d’être chef de tribu, et en 2009 le pays eut pour la première fois au monde un Premier Ministre qui était ouvertement lesbienne. Aujourd’hui en 2018, l’Islande est le seul pays au monde à imposer l’égalité salariale femmes-hommes par la loi.

 

Fait étonnant, l’Islande est le seul pays de L’OTAN sans armée. Comme disent les Islandais, sans pétrole, sans minerais, avec un tel climat, qui voudrait les attaquer !

C’est vrai que le climat y est rude. Ce n’est pas tant le froid qui surprend – l’île est sur le passage du Gulf Stream et les hivers sont bien moins froids qu’à Moscou ou New York par exemple – mais le vent et la pluie sont terribles. Un proverbe islandais dit « si le temps ne te plait pas, attends cinq minutes ».

 

 

Cet environnement extrême contribue à de nombreuses légendes au pays des elfes. Les saga – littéralement « histoires » en Islandais – mélanges entre mythe et réalité, reprennent les épopées des rois, les histoires de guerre ou d’amour qui font rêver.

 

 

L’Islande est un drôle de pays, qui n’a finalement pas beaucoup changé depuis les Vikings. La langue n’a pas ou peu évolué et la population s’est peu métissée.

 

 

Dans les immenses étendues, on trouve principalement des chevaux Islandais – la race trapue et solide est connue pour avoir été amenée en bateau par les Vikings – et des moutons. Des moutons, il y en a PARTOUT en Islande. Le pays compte un demi-million de moutons qui se baladent en liberté dans les pâturages en été.

 

 

Les moutons contribuent à l’habillement des Islandais grâce à leur chaude double toison mais aussi à la nourriture. D’ailleurs, le mouton a un goût particulier en Islande, naturellement parfumé par l’angélique qu’il mâchouille tout l’été. Mais ces petits être inoffensifs ont aussi contribué à la dégradation de la végétation sur l’île. Les Vikings ont abusivement coupé des milliers d’arbres pour leurs constructions. On n’est pas sur l’île de Pâques, mais pas loin. Ensuite, le climat rude et les ovins qui grignotent des jeunes pousses toute la journée ont fait le reste. Les arbres n’ont jamais repoussé en Islande. C’est assez frappant ce paysage glabre.

 

 

Cette Terre brute cernée par des eaux poissonneuses est évidemment le paradis des oiseaux marins. L’île attire des millions d’oiseaux migrateurs et devient le paradis des ornithologues au printemps. On peut les observer le long des falaises qui se jettent dans la mer.

 

 

Les Islandais sont la définition même de l’esprit insulaire avec leur patriotisme exacerbé. Le monde entier a pu le constater quand l’équipe nationale de football a participé pour la première fois à un tournoi international à l’Euro 2016 puis à la Coupe du Monde 2018.

 

Vous vous êtes sans doute demandé pourquoi les noms des onze joueurs se terminaient tous en ‘son’ ? Les Islandais n’ont pas de nom de famille à proprement parler. Ce qui compte vraiment en Islande, ce sont les prénoms. C’est ainsi qu’on donne comme nom de famille aux enfants le prénom du père assorti du suffixe ‘son’ pour les garçons ou ‘dóttir‘ pour les filles. Par exemple, la chanteuse Björk a pour nom complet Björk Guðmundsdóttir, soit Björk la fille de Guðmund. L’annuaire téléphonique islandais est donc classé par prénom, et non par nom de famille !

 

 

L’Islande, c’est une drôle d’aventure. Le chaud, le froid, on passe par tous les extrêmes ! Un pays singulier, sans arbre ni train, avec des paysages à couper le souffle.

 

 

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