Coupés du monde dans les fjords de l’Ouest

Par samedi 9 février 2019 , ,

Les yeux tournés face au Groenland, les fjords de l’Ouest sont le secret le mieux gardé d’Islande. Nature sauvage et hostile, c’est la partie la moins peuplée et la moins touristique d’Islande.

 

 

 

Pour les traverser, il faut sortir de la route circulaire et compter plusieurs heures de route sinueuse et de chemins en terre parsemés de virages en épingle. Rien que pour rejoindre Isafjördur – la capitale des fjords – il faut longer une suite d’une demi-douzaine de fjords. Concrètement, cela signifie qu’il faut rouler jusqu’à la pointe de chaque fjord et repartir dans les terres, puis recommencer ces zigzags, baie après baie et fjord après fjord. L’expression « à vol d’oiseau » prend alors tout son sens. Ce que vous voyez en face de vous à une dizaine de kilomètres est en réalité à une trentaine de kilomètres en voiture. Le trajet le plus court d’un point A à un point B n’est pas la ligne droite dans les fjords !

 

Climat rude, terres hostiles, pas de plaines cultivables, routes dangereuses, glissements de terrain, s’aventurer dans cette région n’est pas au programme pour la plupart des visiteurs en Islande. D’ailleurs fjords de l’Ouest se vident de leurs habitants depuis des années. Les jeunes Islandais sont attirés par les sirènes de Reykjavik et ses conditions de vie adoucies.

 

 

Et pourtant… Les fjords de l’Ouest sont à couper le souffle ! Ils offrent de fantastiques paysages au cœur de reliefs imposants. A chaque virage, le paysage change, la lumière est différente. De surprises en surprises, d’immenses étendues sans personne aux alentours.

 

 

Sur la route qui mène à Isafjördur, entre deux fjords, ne manquez pas de vous arrêter à la source chaude de Hörgshliðarlaug. Depuis la piscine à 40°C, la vue sur la mer est splendide.

 

 

Un peu plus loin, vous pourrez faire une pause à Heydalur. Cette guesthouse propose aussi un restaurant (leur soupe d’agneau est top !), des sorties équestres, une source d’eau chaude et même une piscine sous serre !

 

 

 

 

Isafjördur est la seule agglomération de la région (3000 habitants), elle compte un petit aéroport, des hôtels, restaurants… C’est là que nous habitons pour rayonner aux alentours et découvrir les villages de pêcheurs voisins. Il faut plusieurs heures de route pour s’y rendre en été et certains sont inaccessibles en hiver.

 

 

 

 

A Isafjördur, le restaurant Tjöruhúsið est une institution. Pas de menu, mais un large buffet qui varie selon la pêche du jour, dans une ambiance conviviale autour d’une grande table. Très fréquenté par les Islandais et par les touristes, il vous faudra impérativement réserver.

 

 

Pour rejoindre le village de Bolungarvik par exemple, ils ont fini par percer un tunnel à travers la montagne à cause des nombreux glissements de terrain qui ont endommagé la route.

 

Après Bolungarvik, la piste chaotique (route 630) nous mène à une des plages les plus au Nord de la région. Nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres du cercle polaire, c’est le point le plus au Nord où je sois allé : 66°18’ !

 

 

 

 

De l’autre côté du tunnel à trois branches, se trouve la petite bourgade de Flateyri. Village de pêcheurs florissant du temps de la morue, il ne reste aujourd’hui plus grand monde. Une petite librairie « The Old Bookstore » subsiste depuis presqu’un siècle.

 

 

 

Sur la presqu’île suivante, on découvre la petite église Holt qui date de 1869.

 

 

Avec tous les chevaux islandais que nous avons rencontrés depuis le début du circuit, il était impensable de ne pas profiter de ces paysages somptueux pour faire une balade à cheval. Nous rejoignons le centre équestre Simba Horses à Þingeyri pour une balade entre les plus hautes montagnes des fjords de l’Ouest. La balade commence par la vallée, le long de la rivière Sanda. Enfin, nous nous dirigerons vers les plages de sable noir où la rivière rencontre la mer à Dýrafjörður.

 

 

 

En roulant vers le sud, nous faisons une halte aux cascades de Dynjandi (Fjallfoss). Moins célèbres que les cascades du Cercle d’Or, elle mérite pourtant sa place au rang des plus belles cascades d’Islande. La cascade est en réalité une succession de 7 chutes, formant un rideau majestueux sur la roche.

 

 

 

Nous continuons la route vers le Sud, pour rejoindre la partie la plus australe des fjords. Nous tombons sur l’épave d’un bateau, le Gardar BA64, échoué sur une plage de sable noir depuis 1981. On apprend que c’est le navire à structure métallique le plus vieux d’Islande. Rongé par l’oxydation, la coque est trouée comme du gruyère.

 

 

La route 612 se transforme en piste étroite, jusqu’à 400 mètres de haut au-dessus de l’océan, pour prendre fin aux falaises de Látrabjarg. C’est la zone la plus occidentale d’Europe, encore plus à l’Ouest que Cabo da Roca au Portugal, le point le plus occidental d’Europe continentale. Les falaises de Látrabjarg sont réputées pour leur population de macareux.

 

 

 

 

 

Au retour, nous longeons la plage de sable rouge de Raudisandur, avant de rejoindre Brjanslaekur.

 

 

Là-bas, nous embarquons en voiture sur le ferry qui nous conduira en 2h30 à Stykkisholmur, sur la péninsule du Snaefellsnes. Le ferry trace une ligne droite à travers la mer du Groenland, c’est bien plus rapide que les 3h50 de route qui longent les fjords.

 

 

 

Ainsi s’achèvent ces quatre jours dans les fjords de l’Ouest, coupés de monde, perdus au milieu de paysages incroyables.

 

 

 

Vous essayez et vous me dites ?

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