Les coupoles bleues de Boukhara

Par vendredi 15 juillet 2016 , ,

Riche de plus de 2500 ans d’histoire, Boukhara est une étape majeure de la route de la soie. Située au centre sud de l’Ouzbékistan, il nous faudra traverser les 450km de désert de Kyzylkoum (sables rouges) qui séparent l’oasis de Khiva et celle de Boukhara. Heureusement, le monde moderne nous permet maintenant de faire le trajet en 50 minutes de vol sur Uzbekistan airways !

 

Au milieu d’une oasis, Boukhara a toujours attiré la convoitise de ses voisins. Déjà au VIe siècle av. J.-C., les rois des Perses dont Darius, en firent la capitale de la Sogdiane, la 18e province de l’Empire perse. Vinrent ensuite les Grecs avec Alexandre le Grand, les Kouchans, les Hephtalites (les Huns blancs), les Arabes, puis au IXe siècle Boukhara devint la capitale de la dynastie persane des Samanides.

 

A cette époque, la ville était un grand centre de théologie musulmane, particulièrement pour le Soufisme. Grande cité universitaire, Boukhara abritait une des bibliothèques les plus riches du monde musulman, rivalisant avec celle de Chiraz en Iran. Les grands hommes de lettres et de sciences arabes et persans y résidaient.

 

C’était sans compter Gengis Khan et son armée de barbares mongols qui s’emparèrent de la ville en 1220 et la réduisirent en cendres. La ville perdit alors de son importance politique au profit de Samarcande. S’ensuivirent de nombreux règnes Mongols, des guerres intestines entre les Khans locaux, pour enfin tomber sous le régime de la république populaire soviétique.

 

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Aujourd’hui, Boukhara compte plus de 200 000 habitants et 365 mosquées ! Ce qui saute aux yeux en arrivant à Boukhara, c’est son paysage urbain très riche. En Asie centrale, c’est l’exemple le plus intact de ville médiévale, avec son haut niveau d’architecture fruit des influences arabes, persanes et turques. Dans le centre historique, la proportion de constructions anciennes est considérable, on dénombre 140 monuments protégés par l’UNESCO !

 

Notre chauffeur nous dépose sur la place Liabi-Khaouz. Notre hôtel est idéalement situé, à quelques mètres de là. Nous déjeunons au bord du bassin à l’ombre des mûriers, assis en tailleur sur un grand lit d’extérieur en bois, alors qu’on nous raconte la légende du lieu. Une femme juive habitait là et ne voulait pas se défaire de sa maison. L’Emir décida donc de creuser un canal autour de celle-ci qui s’effondra à cause de l’humidité… La femme vendit alors le terrain à condition que l’Emir construise une synagogue (qui est encore debout aujourd’hui).

Trois bâtiments somptueux se dressent autour de ce bassin :

A l’est, se trouve la Médersa Nadir Divanbegi. Nadir Divanbegi, ministre des Finances, avait commandé ce bâtiment pour en faire un caravanserail et tirer bénéfice de l’accueil des caravanes de marchands lors de leur halte. Lors de l’inauguration, Nadir est félicité par l’Emir pour sa « merveilleuse médersa » et sa foi… Ne pouvant contrarier l’Emir, il transforme alors le bâtiment en médersa, en y ajoutant deux tours et un étage supplémentaire de cellules pour accueillir les étudiants.

 

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Sur le tympan sont représentés deux oiseaux mythiques, les simurghs, ainsi qu’un soleil à visage humain.  C’est la première fois de notre séjour que je vois des représentations d’êtres vivants. Notre guide nous explique qu’à l’époque les chiites (enclins à la décoration figurative, contrairement aux sunites) étaient nombreux à Boukhara.

A l’ouest, se dresse le Khanaka Divanbegi, construit par le même homme. Cette mosquée cruciforme servait à accueillir les Derviches, miséreux qui suivaient le soufisme. Ces derniers ne pouvaient pas dormir dans le caravansérail en face avec les marchands car ils priaient toute la nuit et les empêchaient de dormir.

 

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Au sud, l’immense Médersa Koukeldash borde le bassin. C’est la plus grande médersa d’Asie centrale. Elle fût utilisée pendant la domination soviétique pour stocker des pesticides pour l’agriculture.

 

Non loin de là se trouve la mosquée Magok-i-Attari. C’est la plus vieille mosquée de Boukhara. Elle a été construite sur les vestiges d’un temple zoroastrien, lui-même recouvert par un temple bouddhiste, pour finir en mosquée.

 

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Nous traversons les différents bazars de la ville où les artisans travaillent dans la rue…

 

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Nous rejoignons le complexe Po-i-Kalon qui abrite une mosquée, un minaret et une médersa.

 

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La médersa Mi-I-Arab est encore une vraie école où une centaine d’étudiants suivent un cursus coranique pour devenir Imam, on ne peut donc pas la visiter.

 

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Le minaret Kalon ne servait pas qu’à lancer l’appel à la prière. C’est aussi du sommet de cette tour qu’on jetait les condamnés, enfermés au préalable dans un sac de jute…

L’immense mosquée Kalon, principale mosquée du Vendredi à Boukhara, pouvait accueillir jusqu’à dix milles fidèles. A l’heure du déjeuner, les deux coupoles vernissées de turquoise brillent sous le soleil, l’image est extraordinaire.

 

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A quelques pas de là, nous découvrons ensuite l’ensemble Koch Medrassah, où deux médersas se font face. La Médersa Ouloug Beg est la première université coranique d’Asie centrale, construite sur les ordres de l’Astronome. Le bâtiment d’influence iranienne, est reconnaissable à ses colonnes torsadées en céramique.

 

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En face, la Médersa Abdoul Aziz Khan, construite deux siècles plus tard, ne cache pas ses influences indiennes.

 

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La carte postale de Boukhara, c’est la mosquée Tchor Minor (= 4 minarets) dont la construction a été ordonnée par Khalif Niyazkoul. Ce riche marchand turkmène avait beaucoup voyagé sur la route de la soie et avait été charmé par le Taj Mahal et ses quatre tours.

 

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C’est la fin de cette première journée riche en couleurs ! Nous allons dîner dans la cour de la médersa Nadir Divanbegi pour assister à un spectacle de danses traditionnelles.

 

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Vous essayez et vous me dîtes ?

2 commentaires
  • Silk Road Voyages
    septembre 6, 2016

    Très belles photos et des impressions sur les villes ,ythiques de l’Ouzbékistan. Merci à vous pour ce partage remarquable de vos souvenirs sur le pays!

  • Silk Road Voyages
    septembre 6, 2016

    Très belles photos et des impressions sur les villes mythiques de l’Ouzbékistan. Merci à vous pour ce partage remarquable de vos souvenirs sur le pays!

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