Cebu, premiers pas dans les Visayas

Par samedi 27 juillet 2019 , , ,

J’étais curieuse de visiter les Philippines.  A la fois parce qu’il s’agit d’un des pays les plus lointains d’Asie du Sud-Est, et aussi parce que c’est l’un des deux seuls pays catholiques d’Asie (avec le Timor oriental).

 

Avec plus de 7000 îles aux Philippines, il faut faire des choix. Le pays est divisé en quatre principales régions :

  • au nord Luzon, la plus grande île du pays. Elle abrite la capitale Manille. Les paysages de carte postale avec les rizières c’est à Luzon.
  • au centre les Visayas, bien moins touristique et encore très sauvage avec un archipel de milliers d’îles, des plages, des cascades, des forêts…
  • à l’ouest, la très fréquentée Palawan avec la célèbre plage d’El Nido.
  • au sud Mindanao, qu’on m’a déconseillé pour des raisons de sécurité à cause des guérillas et du terrorisme.

 

Palawan était déjà exclu après tout ce que j’avais lu à son sujet. Une agitation touristique infernale, des crêperies bretonnes (bonjour le dépaysement !) et des seringues usagées sur la plage. Non merci ! Mon choix s’est donc orienté vers les Visayas pour le côté sauvage et moins fréquenté. Tant pis pour les paysages de rizières à perte de vue, ce sera pour une autre fois.

 

Cebu City est la porte d’entrée des Visayas. Avec son aéroport international, c’est le lieu de passage inévitable pour visiter les Visayas. Cebu city est la capitale de l’île éponyme, une des plus grandes îles des Visayas.

 

Cebu city, c’est un mini Manille. Sale et bruyante, une circulation à vous rendre dingue, pas de site majeur, la ville manque cruellement d’attrait.

 

 

Après deux heures de trafic pour faire 11km, je m’installe enfin au Montebello Villa Hotel pour une nuit.

 

 

Fernand de Magellan a débarqué dans le port de Cebu en 1521. C’est lui qui a converti ses habitants au catholicisme, avant d’être tué par le chef guerrier Lapu-Lapu avec une flèche empoisonnée.

 

Le lendemain matin, je me rends au pavillon Magellan à Cebu City. C’est un kiosque qui abrite la fameuse croix de bois que Magellan a planté sur le sol Philippin et tout près de laquelle il baptisait les premiers Philippins. Il y a beaucoup de ferveur ici, les gens viennent se recueillir, prier ou déposer une bougie.

 

 

Environ 15% de la population de Cebu city est d’origine chinoise. Sur les hauteurs de la ville, dans les quartiers huppés de Beverly Hills, se trouve le temple taoïste de Cebu construit par la communauté chinoise en 1972. A plus de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, il offre également un panorama sur la ville après avoir grimpé les 99 marches qui y conduisent.

 

 

 

Les Jeeps abandonnées par l’armée américaine ont été transformées en moyen de transport collectif : les jeepneys. On en croise un peu partout dans Cebu city. Les Jeepneys sont reconnaissables à leur décoration kitsch et surtout au nombre de personnes hallucinant qu’elles peuvent transporter.

 

 

 

L’ile de Cebu est tout en long et s’étend sur 300km. Il faut environ 8h pour la traverser d’un bout à l’autre et la capitale Cebu city se situe environ au milieu.

 

 

C’est après 4h de route en direction du sud que j’arrive à Samboan. Je pose mes valises au Fantasy Lodge pour les quatre prochaines nuits, accueillie par la charmante Maeva. Maeva est Française, tout comme le propriétaire du Lodge, et s’est installée à Samboan il y a quelques mois déjà.

 

 

 

Avant la tombée de la nuit, elle me recommande d’aller aux Binalayan falls pour me rafraichir. Il me suffira de faire de l’autostop et en 10 minutes de habal-habal (sorte tuk-tuk tricycle) j’arrive à l’entrée de la cascade. Pour promouvoir l’économie locale, il n’est plus possible de visiter les lieux sans guide. Pour une centaine de pesos (environ 2€), on vous attribue un jeune étudiant qui fera office de guide le long de la ballade. On papote de ses études (pour devenir ambulancier), de sa petite amie, de sa famille et nous arrivons à la cascade après une vingtaine de minutes de marche à l’ombre dans la forêt.

 

 

Les guides locaux s’amusent à sauter d’une dizaine de mètres. Je me contenterai du rocher à 3 mètres… ! C’est la fin de la journée et nous pouvons profiter des lieux seuls.

 

De retour au Fantasy Lodge, la terrasse offre un point de vue splendide pour admirer le coucher du soleil au bord de la piscine.

 

 

Le lendemain, j’embarque aux aurores sur une banka (un bateau à moteur en bambou et en bois) pour aller observer les dauphins dans le détroit de Tañon entre l’île de Cebu et l’île de Negros au Nord. Dans le détroit on peut rencontrer 11 des 24 espèces de cétacés présentes aux Philippines. Rapidement, des groupes d’une vingtaine de dauphins viennent nager et le long de la banka.

 

 

Au retour, nous nous arrêtons pour déjeuner au banc de sable blanc de Manjuyod qui fait 7km de long à marée basse.

 

Le lendemain, le réveil sonne avant même l’aurore ! Je pars à Oslob pour nager avec les requins baleines. Je rêve de voir des requins baleines depuis des années mais j’y vais un peu à reculons je l’avoue. Peu d’endroits dans le monde offre l’opportunité de rencontrer des requins baleines, donc Oslob est une attraction très (très, très) populaire.

 

Au départ, je voulais boycotter Oslob car les requins baleines sont nourris par les pêcheurs pour les attirer. Maeva m’indique que bien avant l’attraction touristique, c’était déjà une technique de pêche locale. Les pêcheurs nourrissaient les requins baleines à un certain endroit pour les empêcher d’aller là où les pêcheurs officiaient et leur voler leur butin. Oui, pourquoi pas…

Je pensais aussi que cette nourriture sans effort avait rendu les animaux paresseux, et ils avaient donc stoppé leur processus de migration, déréglant complètement l’écosystème. Là encore, Maeva m’indique qu’il a été prouvé que c’était faux. En plus, le site est géré par la WWF qui veille scrupuleusement au respect des animaux.

 

A demi convaincue, je change d’avis et tente donc l’expérience. Une fois sur la plage d’Oslob, une barque nous amène à seulement quelques dizaines de mètres et nous sautons à l’eau. Un immense spécimen passe devant nous tranquillement. Sa bouche est tellement grande qu’il pourrait me gober. Je suis scotchée ! Un pêcheur passe devant les barques (oui il y a des dizaines de barques…) et jette une mixture de crevettes dont les requins baleines raffolent. Ils ignorent complètement le vacarme qui les entoure. Certains nageurs paniquent à la vue de l’animal et hurlent, d’autres boivent la tasse en essayant de prendre le selfie parfait. Les plus intelligents essaient de toucher l’animal malgré l’interdiction. On leur a expliqué quelques minutes plus tôt qu’ils étaient recouverts d’un mucus les protégeant des infections, et qu’à chaque fois qu’un humain les touche ce mucus se dégrade, ouvrant la porte aux maladies. Qu’à cela ne tienne, qu’est-ce qu’un requin baleine qui meurt lentement de septicémie à côté de la joie de toucher l’animal ?…

 

 

 

Je sors de l’eau mi-figue mi-raisin. D’un côté la joie, je n’oublierai jamais la première fois (oui parce qu’il y a eu une deuxième fois depuis…) où j’ai croisé le chemin d’un requin baleine. Mais mon dégoût est à la hauteur de cette joie, je suis écœurée, je me sens coupable d’avoir entretenu cette attraction. J’ai honte d’y avoir cédé.

 

J’embarque à bord d’une navette qui nous dépose sur l’île de Sumilon pour le reste de la journée. C’est une île-resort qui abrite une forêt, un immense banc de sable blanc, un magnifique lagon et surtout dit-on la plus belle réserve sous-marine de tout le sud de l’île de Cebu. J’ai fait deux plongées avec un instructeur qui n’avait clairement pas envie d’être là, et les fonds marins étaient loin d’être sensationnels. L’île de Sumilon est paisible et offre de nombreux endroits pour se reposer et lire un bouquin avec une vue magnifique.

 

 

Pour déjeuner, le chef me propose un knilaw qu’il fait sous mes yeux. C’est un genre de ceviche vinaigré qui était délicieux avec un assaisonnement parfaitement équilibré.

 

Pour ma dernière journée à Cebu et je me rends aux Kawasan falls, des cascades sur trois niveaux qui sont l’attraction du sud de l’île. On peut s’y promener en grimpant les niveaux par un chemin en terre qui longe les piscines et quelques pontons en bambou, mais on peut aussi descendre l’ensemble en canyoning. La promenade est ombragée, à la fraiche, et à chaque nouveau niveau on découvre une eau si turquoise qu’on la croirait irréelle. Le bleu de l’eau contraste avec le vert de la forêt luxuriante, des lianes pendent, c’est magnifique. Quelle bonne idée d’y avoir été si tôt, à midi le lieu ressemble à Disneyland…

 

 

 

 

Je prends le bus pour retourner au Fantasy Lodge et m’arrête quelques kilomètres plus tôt à Samboan que je n’avais toujours pas visité.

 

 

 

Le samedi c’est jour de marché et jour de combat de coqs !… On m’entraine là-bas en m’expliquant que c’est la tradition locale, les familles vont parier le samedi et se retrouvent pour écouter de la musique et boire un verre, que je ne peux pas rater ça. Voilà comment je me suis retrouvée dans les gradins d’un combat de coqs à Samboan. Je n’en suis pas très fière…

 

 

Dimanche matin, je quitte l’île de Cebu pour l’île de Siquijor. Il faut d’abord prendre un bac pour Dumaguete (sur l’île de Negros) et ensuite un ferry pour Siquijor.

 

 

Vous essayez et vous me dîtes ?

 

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