Bohol, entre découvertes et déceptions

Par dimanche 18 août 2019 , ,

Il est l’heure de quitter Siquijor et de mettre le cap sur Bohol. L’île de Bohol est connue pour deux curiosités de la nature : les chocolate hills (de drôles de formations géologiques aux couleurs chocolat) et les tarsiers (les petits primates aux grands yeux).

 

Je débarque au port de Tagbilaran et une navette me conduit sur la petite île de Panglao (reliée par deux ponts à Bohol) et plus précisément le South Palm Resort où je vais poser mes valises pour trois nuits.

 

 

La petit île de Panglao est connue des voyageurs pour ses plages et son ambiance festive. Je savais bien ce que j’allais trouver à Panglao, surtout après quelques jours au calme à Siquijor le contraste allait être saisissant. Cependant j’étais loin de me douter que c’était à ce point…

 

Alona beach c’est le temple du tourisme de masse dans les Visayas : la foule, les bars, les bars à chicha, les restos mexicains et italiens (bonjour le dépaysement !), la prostitution… Une partie d’Alona beach est une succession de pensions ambiance backpackers, l’autre partie est un alignement de resorts où s’enchainent les mariages sur la plage tous les soirs… Le contraste est violent !

 

Le South Palm est un resort hors de prix avec certes une belle plage de sable blanc et des hamacs sous les palmiers. On y croise des hordes de familles asiatiques ou des vieux européens couverts de coup de soleil une bière à la main.

 

 

Heureusement, j’avais réservé une sortie pour le premier soir avec Kayakasia. Ils proposent de pagayer de nuit en kayak sur la rivière Abatan pour observer les lucioles. Le long du circuit de 2km (soit 4km en kayak aller-retour), on observe en silence les lucioles qui commencent à s’animer une fois la nuit tombée. Le spectacle est magique ! Les lucioles s’agitent dans les palmiers nipa de la mangrove, pour leur rituel de séduction quotidien. Les yeux s’habituent à la pénombre totale et nous faisons une pause devant l’arbre « party central » où des milliers de lucioles s’agitent frénétiquement. Certaines s’approchent de notre kayak comme des mini fées clochettes. C’est féérique !

 

 

Le lendemain, je pars en excursion vers le centre de l’île de Bohol. Un premier arrêt est prévu à Tagbilaran pour voir la statue du blood compact (le pacte de sang). L’œuvre représente le pacte de sang entre le chef local de Bohol et les explorateurs espagnols en 1565, pour sceller leur amitié.

 

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le « Philippine Tarsier and Widlife Sancturay » de Corella pour rencontrer les tarsiers, le plus petit primate au monde qui ne dépasse pas les 15 cm. Ces petites bêtes aux yeux immenses sont capables de bondir à 5 mètres et de tourner la tête à 340°. Cependant, les tarsiers sont très timides et très sensibles. Un stress trop important (le bruit du flash d’un appareil photo par exemple) peut les achever instantanément. Quand ils sont enfermés dans des cages, ils se cognent la tête contre la cage de claustrophobie jusqu’à se tuer. C’est une espèce menacée, il n’en resterait plus qu’un millier à l’état sauvage. Au sanctuaire de Corella, il est interdit de parler, de les approcher ou de les déranger. Avec un peu de chance on en aperçoit quelques-uns encore réveillés de bon matin (les tarsiers sont des animaux nocturnes).

 

 

 

 

Nous empruntons ensuite la route qui traverse la forêt de Bilar. Cette forêt d’acajous a été plantée par l’homme il y a une cinquantaine d’années pour contrer la déforestation massive aux Philippines. Les branches des arbres se rejoignent à la cime pour former une dense canopée.

 

 

 

Au centre de l’île de Bohol, se trouve une drôle de formation géologique : les Chocolate Hills. Il s’agit de 1776 collines ondulantes réparties sur plus de 50 kilomètres. Pendant la saison sèche, la végétation qui les recouvre devient marron, ce qui fait penser à des collines de chocolat. La légende raconte qu’il s’agit des larmes tombées au sol d’un géant amoureux qui pleurait de chagrin. En vérité, il s’agirait d’ancien dépôts de coraux d’une ère lointaine. Un point de vue offre un panorama splendide sur la vallée à qui aura le courage de monter la centaine de marches sous le soleil de plomb. Il faisait tellement chaud ce jour-là qu’on a pu apercevoir un feu de forêt sur une des collines.

 

 

 

 

 

Avant de rentrer à l’hôtel, nous nous arrêtons à l’église de Notre Dame de l’Immaculé Conception à Baclayon. C’est la plus vieille église des Philippines, elle a été construite en corail taillé en blocs carrés, le tout lié au blanc d’œuf au temps de l’occupation espagnole. Le séisme d’octobre 2013 a gravement endommagé l’église et a détruit son clocher.

 

 

Cette belle journée ponctuée de découvertes m’a réconciliée avec Bohol et m’a fait oublier l’ambiance d’Alona Beach à Panglao.

 

Le lendemain, je pars pour la journée en plongée autour de l’île de Balicasag. Balicasag est une réserve naturelle sous-marine réputée et le nombre de visiteurs/plongeurs journaliers est limité. J’ai galéré pour trouver une place mais j’ai pu finalement y aller avec Bohol Divers.

Balicasag est le paradis de la plongée aux Philippines. Le récif de ce sanctuaire marin est magnifique, avec des impressionnantes failles sous-marines de 50 mètres de profondeur. C’est poissonneux, je croise des barracudas et surtout c’est le festival des tortues !

 

 

Lors de la dernière plongée, un immense banc de poissons attire mon attention, il se déplacent pour éviter une ombre géante qui se dirige vers eux… Mamma mia un requin baleine ! C’est surréaliste ! Là dans son milieu naturel, tranquille, il s’amuse au milieu du banc de poissons et ne prête même pas attention à nous. Il est immense et je me sens toute petite quand ce gros bonhomme passe à côté de moi. Il fait la taille d’un mini-bus, je n’en crois pas mes yeux.

 

 

 

 

Le lendemain, il est temps de quitter Bohol. Un transfert en fast boat vers Cebu m’attend avant de reprendre l’avion le surlendemain.

 

 

Je garderai des souvenirs magiques de Bohol, ce requin baleine je m’en souviendrai toute ma vie ! Les tarsiers, les chocolate hills, les lucioles étaient également une belle découverte. Dommage que Panglao soit un cauchemar, cela teinte le séjour à Bohol d’un souvenir amer.

 

 

Vous essayez et vous me dites ?

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